La remontée fantastique!

Jeudi 18 avril 2013

Campagne de France sur le podium

Halvard Mabire et Miranda Merron ont franchi à 1 heure 55 ce jeudi matin la ligne d'arrivée de la 4ème édition de la Normandy Channel race, prenant la 3ème place du classement général.
Ils ont bouclé les 700 milles du parcours en 3 jours, 8 heures, 55 minutes et 0 secondes, à la vitesse moyenne de 7,98 noeuds. Il laisse la seconde place du classement général au duo Jossier-Toulorge pour une seule minuscule…. minute. C'est le Class 40 allemand Mare, de Jorg Riechers et Pierre Brasseur qui l'emporte avec moins d'une heure d'avance sur ses dauphins. Halvard et Miranda sont allés au bout de leur effort, au bout d'un sprint haletant qui ne leur a laissé qu'un temps minimal de récupération, de sommeil et de nourriture. Cette troisième place leur laisse pourtant un sentiment de satisfaction, tant la lutte a été intense, et tant le scénario "course poursuite" a, en définitive, tourné en leur faveur.

Cette Normandy Channel race avait en effet, dès les premières heures de course, alors que la flotte négociait les forts courants au large de Barfleur, pris pour les leaders du moment, Mare à l'allemand Jorg Riechers, et Campagne de Fiance, passé en seconde position à Saint Marcouf,  un goût plutôt saumâtre. L'option au large choisi par ces deux protagonistes s'avérait pénalisante et déventée, alors que le gros du peloton longeait les côtes du Cotentin pour s'échapper en Manche, laissant les duos Mabire-Merron et Riechers-Brasseur encalminés à plus d'une douzaine de milles. Une course poursuite s'engageait alors. "Ce fut la chevauchée, et la remontée fantastique" précise Halvard Mabire dans un sourire. "Ce fut, comme dirait le Président Fortin, comme si on avait pris un but au bout de deux minutes de jeu…" Campagne de France s'accrochait au sillage de Mare, le Mach 40 performant à toutes les allures. "Il va vite, et il va au bon endroit" souligne Halvard, prompt à rendre hommage au vainqueur.

A l'approche du Solent, la course ne devait plus laisser à Halvard et Miranda, mais aussi à tous les acteurs de l'épreuve, le moindre répit. "Nous n'avons quasiment pas dormi" précise Miranda ; "Quant à la nourriture, ce fut plus du grignotage que de l'alimentation. Bananes, Kiwis, chocolat… et c'est à peu près tout. " Campagne de France, soumis à un régime de vents violents, a ainsi accaparé toute l'énergie de son duo de skippers ; "Le Class40 est un voilier très physique, très exigeant. Tous les marins vous le diront. On est arrivé mort de fatigue." La faute aussi à un finish particulièrement haletant. Un moment relégué à plus de 8 milles du second, l'équipage normand de Made in Normandie Nicolas Jossier et Alexandre Toulorge, Campagne de France est venu mourir à une minute et 3 secondes de la place de dauphin à Ouistreham. "Nous n'en nourrissons aucune amertume" témoigne Miranda. "Ils ont fait une superbe course, et les passer sur la ligne aurait été très dur pour eux" renchérit Halvard.

Cette Normandy Channel race 4ème du nom, âpre, sujette à de nombreux rebondissements, d'une rare intensité, ne laisse  pourtant que d'excellents souvenirs aux 11 concurrents classés, sur les 20 engagés du départ. "Cette course est exceptionnelle" insiste Halvard. "Le parcours est de toute beauté. Il s'y passe en permanence quelque chose tant les points névralgiques sont nombreux à négocier." Miranda, en bonne sujette de sa très Britannique majesté, vante à qui veut l'entendre les merveilles d'endroits aux noms puissamment évocateurs pour tout marin, Solent, Needles, Land's End, Long Ship… jusqu'au très évocateur The trap, (lit. le piège), trou de souris entre deux bancs de sable, négocié au ras de la quille pour s'extraire du solent…

Place au repos bien mérité, au débriefing technique, et à la préparation de la saison qui pourrait conduire Campagne de France vers les rivages des Açores cet été, avant le grand morceau de bravoure de la Transat Jacques Vabre, départ du Havre le 3 novembre prochain, destination… Brésil!

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