Construction du Class40 Campagne de France

Halvard chantierHalvard Mabire, l’homme aux compétences multiples.

En signant une magnifique 6ème place à Pointe à Pitre lors de l’édition 2014 de la Route du Rhum, Miranda Merron mettait un point d’orgue à la belle carrière du Class40 n°101 Campagne de France, un Pogo S2 lancé en 2011 et vainqueur notamment de la Transat Québec Saint Malo en 2012. L ‘évolution des nouveaux prototypes de la Classe éloignait inéluctablement, et malgré le perpétuel travail de mise au point réalisé par le duo de skippers de Campagne de France, ce glorieux voilier des podiums. Halvard et Miranda se devaient de lier leur avenir sportif à une nouvelle monture. Ils décidaient dès leur retour de Pointe à Pître, de se lancer dans l’aventure d’un nouveau bateau pour espérer jouer les premiers rôles.

Le choix de la maîtrise d’oeuvre

«  Plusieurs solutions s’offraient à nous »  explique Halvard ; « Une option, dite « de facilité », avec l’achat d’un voilier d’occasion très récent et performant clé en main. Problème : de tels prototypes ne sont pas légion, et assez onéreux.  Ils supposent surtout que l’on dispose de la trésorerie nécessaire pour pouvoir bien négocier et payer la totalité à l’achat. Ensuite, il nous était possible d’utiliser plans et moules d’un prototype dernier cri pour faire un bateau neuf. Mais cette solution, probablement la plus facile et la plus fiable est aussi la plus onéreuse. Enfin, et c’était sans doute l’option la plus risquée, il nous était possible de décider de prendre totalement  notre destin en main.

Imaginer, concevoir et construire avec nos moyens, le voilier fruit de nos réflexions et de nos expériences. Avec le soutien indéfectible de notre partenaire Campagne de France, c’est cette troisième voie que nous avons choisie, en toute connaissance de cause. Le facteur économique en est une des explications ; nous ne disposions pas de l’assise financière pour confier la totalité de la construction ex nihilo à un chantier ayant pignon sur rue, mais aussi et surtout, même si nous savions que nous nous engagions dans une voie difficile, nous avions confiance dans notre capacité, à Miranda et moi ensemble, d’arriver à relever ce défi.

Nous savions qu’au bout de ce parcours difficile, nous pouvions espérer ressentir la satisfaction de la création, infiniment plus gratifiante que le simple geste de l’achat d’un produit fini « clefs en main ». Il est important dans la vie de créer et construire, même si cela comporte des risques et nous sommes infiniment reconnaissants à notre partenaire Campagne de France de nous avoir suivi en toute confiance dans cette voie. Notre projet s’inscrit dans la droite ligne de notre identité et de notre personnalité et même si ce n’est pas toujours drôle sur le moment, le goût de l’Effort et de la création est une valeur forte que nous partageons pleinement avec nos partenaires. Nous avons aussi souhaité, quitte à injecter des fonds dans cette économie nautique, de le faire ici, en Normandie, auprès des compétences locales. Je construits et interviens sur la conception de bateaux depuis plus de 40 ans, et j’ai aussi vu la chance de mettre dans ce dernier projet toute mon expérience, toutes mes aspirations. C’est un peu la chance d’une vie qui m’est offerte ici et que je m’efforce de concrétiser. »

Au four et au moulin

Halvard et Miranda se sont ainsi mis au travail début 2015. Avec l’aide de l’architecte Bernard Nivelt pour la carène, Halvard s’est basé sur son expérience pour concevoir et dessiner tous les éléments du Class 40. Le duo de skippers de Campagne de France s’est associé avec le chantier Shoreteam à Caen pour y construire les moules et les pièces du gros œuvre : coque, pont et structure interne, et ensuite assemblage de ces éléments. Fin 2015, « la boite était fermée », c'est-à-dire que la coque et le pont étaient assemblés, ainsi que tous les éléments de structure interne. Limités dans leurs moyens propres, Halvard et Miranda consacrent depuis le tout début de la construction la totalité de leur temps, sept jours sur sept, sans décompte de leurs heures et de leur énergie, à assembler avec le professionnalisme et la minutie qui font leur réputation, l’immense puzzle de leur voilier de course. Avec l’aide du seul Sébastien Lepoetre qui les a rejoint en décembre 2015, Halvard et Miranda sont au four et au moulin, tout autant à la planche à dessin (ou plutôt l’ordinateur) que les mains dans la colle pour peaufiner poste par poste l’élaboration du bateau. La tâche est immense pour une équipe aussi succincte. Bien que quelques professionnels interviennent sur des postes aussi spécifiques que l’électricité, l’électronique, ou la peinture et la finition qui sont réalisées par le chantier V1D2 à Caen, ainsi que l’assemblage de la quille et toutes les manutentions, ce sont bien les deux marins de Campagne de France qui construisent de leurs mains  le bateau de leurs rêves.

Transat Québec Saint Malo pour une première course

Le bout du tunnel en ce début de printemps est là, et Campagne de France troisième du nom, prototype N° 147, sera prochainement baptisé en Normandie. Point le temps de s’attarder au large des rivages normands cependant. L’actualité sportive appelle Halvard et Miranda de l’autre côté de l’Atlantique où sera donné depuis Québec le 10 juillet prochain le départ de la Transat Québec Saint Malo, 9ème édition. Les Class40 y seront une nouvelle fois la catégorie de voiliers de course la mieux représentée, avec un plateau relevé tant en quantité qu’en qualité, et pas moins de 19 unités inscrites. Double vainqueur de l’épreuve, tenant du titre et recordman de la course avec Miranda, Halvard ne voudrait pour rien au monde rater ce grand rendez-vous de la course au large. Campagne de France n’aura qu’une transat en convoyage pour se rôder avant le grand sprint retour  vers la France depuis la Belle Province. Il faudra donc compter sur les talents de préparateurs et de metteurs au point d’Halvard et Miranda pour palier le manque de mise au point et d’optimisation du Class40. Jusqu’à présent le duo a toujours réussi à mettre à l’eau des bateaux bien au point et qui n’ont jamais demandé de remise en chantier ou de modifications après les premières navigations. Viendra en septembre l’heure d’une grosse confrontation lors d’une autre course chère au coeur de Campagne de France, la Normandy Channel race.

 

Grandes dates :

 

Juin : mise à l’eau et baptême.

Juin : Convoyage Cherbourg- Québec City

10 juillet : départ de la transat Québec Saint Malo

11 septembre : Caen : départ de la Normandy Channel race.

 

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