Les tribulations hivernales d’Halvard et Miranda

15025447_1125121010928283_493633906662096973_oNaviguer en hiver au large des enchanteurs rivages Normands n’est pas toujours chose aisée, ni agréable, quand les trains de dépressions venus d’Atlantique Nord se combinent aux frimas scandinaves. Désireux de pousser à son maximum l’optimisation de leur nouveau Class 40 Campagne de France mis à l’eau à l’été 2016, Halvard et Miranda ont décidé de quitter leur chère Normandie pour rallier des contrées plus propices aux intenses navigations, les Antilles en l’occurrence, afin d’accumuler les milles à la barre de leur bateau en participant aux nombreuses épreuves de la saison de course caribéenne. Ils vont dans ce but participer dès le 26 novembre à la troisième édition de la RORC Transatlantic race, qui reliera Lanzarote (Canaries), à Port Louis sur l’île de la Grenade, dans le sud de l’arc antillais. 2 865 milles de compétition pour une mise en jambe prélude à un certain nombre de courses organisées dans la Caraïbe par le Royal Ocean Racing Club, dont la célèbre Caribbean 600. Harvard et Miranda ont donc quitté leur port d’attache de Cherbourg vendredi dernier, pour une longue campagne aux Caraïbes. Leur retour est prévu pour la fin février. Ils seront alors fin prêts pour aborder la saison 2017, avec pour point d’orgue la Transat Jacques Vabre en novembre.

Récit de voyage :

Vendredi 11 novembre :
« Nous avons laissé passer un petit front cette nuit bien sagement dans notre bon port de Cherbourg et nous sommes partis avant l'aube.
Magnifique lever de soleil sur le Val de Saire, une belle manière de dire au revoir au Cotentin.
Un dernier regard sur les côtes magnifiques de la Hague, en regardant défiler Urville et le Raz de Bannes, Omonville la Hague (prononcer la Rogue en normand), la Plate et Goury.
Passage du Raz Blanchard très secouant, as usual, mais les résidus de mer du coup de vent d'hier et d'avant hier n'ont pas arrangé l'état de la chaussée, que la DDE a définitivement décidé de laisser en l'état étant donné l'impossibilité d'obtenir un résultat satisfaisant. Reste à inventer les suspensions pour voiliers… Il y a un marché à prendre.
Cette nuit et demain matin, repassage de front et nous avons décidé raisonnablement de le laisser passer en faisant une petite escale cette nuit à Saint Peter de Guernsey. Une éternité que nous ne sommes pas allés à Sarnia, pays d'Ebenezer Le Page. Ce sera donc une dernière imprégnation de Terre Normande avant de partir vers de nouvelles aventures et de migrer, telles des Oies Sauvages, vers des latitudes plus clémentes en cette période hivernale.
Je pense aussi que Miranda veut probablement aussi goûter une dernière bière, pas trop fraîche et vraiment anglaise, et si nous le pouvons, nous essayerons de nous mettre en quête de Beans pour un english breakfast avant de reprendre la mer, cette fois pour plusieurs jours."

Dimanche 13 novembre :
« Campagne de France a passé Ouessant en fin de nuit et se trouve maintenant engagé dans le Golfe de Gascogne (Bay of Biscay pour les Glaouches).
Après une petite escale très fortuite à Saint Peter Port de Guernsey pour laisser passer un vilain front, nous avons repris la mer samedi en fin d'après-midi. Bien que fort secoués dans le port nous avons tout de même apprécié de ne pas être en mer dans la nuit de vendredi à samedi, car même à l'abri, l'anémomètre enregistrait des rafales à plus de 30 noeuds, et en plus dans la mauvaise direction pour contourner la Bretagne.
En attendant, après le passage du front, nous avons bénéficié d'un NW soutenu pour aller jusqu'à Ouessant. Le vent était donc dans la bonne direction, par contre la mer n'avait pas encore eu le temps de s'organiser suite au coup de vent de Sud, donc encore une fois Campagne de France a joué la machine à assommer les maquereaux en décollant sur les vagues et en retombant lourdement dans les creux. Un bateau qui cogne comme ça, on a beau avoir l'habitude, c'est quand même vraiment éprouvant, tant  physiquement que psychologiquement, et à force d'avoir le cerveau qui descend dans les talons, ça ne doit pas aider à être intelligent. En tout cas c'est dans ces conditions que l'on se dit que ça a intérêt à être construit solide. Mieux vaut du "made in Normandie" que du "made in China"!
Maintenant nous glissons sous spi direction Sud Ouest, vers le Cap Finisterre. A priori nous devrions avoir un passage du Cap Finisterre très venté, donc nous profitons des conditions présentes plutôt clémentes pour prendre nos tours de repos à peu près normalement, à quelques manoeuvres près.
A 10h00 française ce matin nous étions à la lattitude du Guilvinec à une centaine de kilomètres à l'ouest. nous sommes à 300 milles du Cap Finisterre, que nous devrions passer demain soir.
A la prochaine."

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