Francis Joyon

Joyon, plus grand que nature

Suivre la performance de Francis Joyon toute la semaine, lors de sa tentative contre le record de la traversée de l'Atlantique a une nouvelle fois été une chance et un bonheur. Je suis depuis 2005 et son premeir record de la traversée entre New York et le cap Lizard, le rédacteur des communiqués de Presse et du site internet de Francis. J'ai ainsi tous les matins lorsqu'il est en course, la joie et le plaisir de lui parler au téléphone. Son calme, sa disponibilité, son sens de la formule en toutes occasions forcent l'admiration. Ses exploits, les conditions dans lesquelles il les réalise sont ahurissants. Merci Francis pour des moments uniques de voiles  et d'aventure…1014755_564952450222198_792684664_o

Joyon en passe d’exploser le record de la traversée de l’Atlantique.

Samedi 15 juin 2013

Avec 650 milles parcourus ces dernières 24 heures, Francis Joyon flirte avec son propre record de distance parcourue en une journée à la voile et en solitaire, 666 milles. Cette donnée seule révèle le niveau de la performance que réalise depuis son départ de New-York  mercredi dernier le marin de Loqmariaquer. Sur une route sud très éloignée de la route idéale, orthodromique, suivie avec bonheur durant 4 jours en juillet 2008 par Thomas Coville, Joyon a relevé l'immense défi de naviguer, non pas à des vitesses supérieurs à 21 noeuds, moyenne de l'actuel record, mais à plus de 25 noeuds. Un pari que tient encore aujourd'hui haut la main l'extraordinaire Monsieur Joyon, qui peut envisager une arrivée au Cap Lizard dès demain dimanche en milieu d'après-midi, après avoir dynamité d'au moins 12 heures l'actuel temps référence sur ce trajet mythique. Ce faisant, Idec et Francis, avec l'indéfectible soutien de Jean Yves Bernot, réaliseront l'unique et prodigieux exploit de détenir tous les records significatifs à la voile et en solitaire.

 

A fond vers Lizard !

"La magie de ces grands multicoques, c'est qu'on peut tout leur demander ; 25, 30 ou 35 noeuds…." La phrase sonne dans la bouche de Francis Joyon comme une implacable banalité. Elle masque un peu plus de 4 jours d'un combat titanesque au coeur d'une dépression  très creuse, à bord d'un multicoque aux allures de cheval emballé. Elle n'explique pas le pari fou de partir en record sur une route considérablement rallongée par rapport à la trajectoire référence de Thomas Coville. Et elle ne raconte surtout pas la tension, le danger permanent, la prise de risque encourue à pousser durant si longtemps, sans interruption, un maxi trimaran au maximum de ses possibilités. C'est pourtant bien à ce prix que Francis Joyon, en retard durant plus de la moitié du parcours, est revenu aujourd'hui à hauteur du tracé de son adversaire virtuel, qu'il va dépasser impitoyablement et laisser loin dans son sillage. "Je n'étais pas tout à fait dans les conditions de mon record des 24 heures" poursuit Francis, car cette nuit, j'ai dormi 3 heures! Il est vrai que je vis depuis le départ de New York dans une tension rarement atteinte."

 

Un gain considérable sur l’actuel record.

« La dépression me dépasse doucement » poursuit Francis, requinqué par le luxe inouï d'une sieste de 3 heures cette nuit, sans que la vitesse de son trimaran Idec n'ait eu à en pâtir le moins du monde. « Le vent va refuser à l'approche des îles Britanniques, c'est à dire tourner de l'arrière du trimaran au côté. Ce sera moins bien pour la vitesse » explique comme en s'excusant Francis, « mais cela devrait nous permettre d'en terminer demain après midi ». Reste à affiner cette prévision. Les projections informatiques enrichies des données les plus récentes, le voient pointer ses étraves sous Lizard demain dimanche entre 16 et 18 heures Françaises. Le gain sur le record actuel se situerait alors entre 14 et 16 heures! Point de grandes manoeuvres en vue durant les derniers 600 milles et quelques à parcourir. « La dépression a pris juste la bonne direction pour m'épargner un nouvel empannage. » Sous grand voile haute et trinquette, Francis devra seulement envoyer le génois dès que le vent tournera sur sa gauche. Loin de triompher alors qu'il aborde seulement le plateau continental et que les signes avant coureurs de la proximité des côtes sont encore très diffus, Joyon pousse son degré de vigilance au maximum, attentif à l'usure du bateau, et plus que jamais en phase avec l'évolution de son grand trimaran rouge sur la crête des vagues.

FRANCIS JOYON PULVERISE LE RECORD DE LA ROUTE DE LA DECOUVERTE

Idec dans la plumeVendredi 15 février 2013

Francis Joyon, skipper du maxi trimaran IDEC, a franchi la ligne d'arrivée de la Route de la Découverte à San Salvador aux Bahamas, aujourd'hui vendredi 15 février 2013 à 04 heures, 57 minutes, 30 secondes TU, soit à 05 heures, 57 minutes, 30 secondes en heure française.

Avec un temps de course de 8 jours, 16 heures, 07 minutes, 05 secondes, Francis Joyon améliore de plus de 1 jour et 04 heures son propre chrono de 2008 (9 j 20 h 35 min). Sur les 3884 milles de l'orthodromie, la route théorique, il élève ainsi la moyenne à 18,66 noeuds. (distance réellement parcourue 4 379,5 milles à la moyenne de 21,04 milles).

Francis Joyon avait quitté Cadix (Espagne) à 12 heures, 50 minutes 25 secondes TU le mercredi 6 février. Il améliore son record précédent de 1 jour,  04 heures, 27 minutes et 58 secondes. Il devient en outre le premier marin à faire passer ce Record de la Route de la Découverte sous la barre des 9 jours.

Une performance exceptionnelle quand on sait que Francis Joyon a assuré lui-même sa stratégie météo en mer, sans routage, donc sans aucune aide extérieure. Un vrai défi sur cette Route de la Découverte dont la particularité est qu’il faut composer avec de multiples systèmes météo.

Prochain challenge de Francis Joyon à bord d’IDEC : une tentative contre le Record de l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard. Stand-by prévu dès le printemps prochain.

Record des 24 heures en solitaire de Francis Joyon

Jeudi 27 septembre 2012

Le WSSRC vient d'homologuer le record des 24 heures en solitaire de Francis Joyon, établi cet été à bord du maxi trimaran IDEC. Francis Joyon avait alors parcouru 666,2 milles en une seule journée, à la moyenne hallucinante de 27,75 nœuds !
 

Il a couvert 666,2 milles seul, à la voile, en 24 heures… L'équivalent de 1234 kilomètres terriens. Le nouvel exploit de Francis Joyon vient d'être homologué par le World Sailing Speed Record Council, l'organisme international compétent en la matière. John Reed, le secrétaire du WSSRC dirigé par Claude Breton, vient d'en informer le navigateur breton, déjà titulaire du record absolu en solitaire autour du monde en un peu plus de 57 jours.

Fin juillet donc, entre le nord des Açores et la pointe bretonne, Francis Joyon avait mené son bateau à l'extrême limite, dans des vents de plus de 30 nœuds :
« C'était extrêmement périlleux. Le bateau était constamment à la limite. Je ne barrais pas. Je suis demeuré 24 heures debout dans mon cockpit avec l'écoute de grand voile dans une main, et l'écoute de solent dans l'autre. Lorsque le bateau plantait dans la vague, je choquais l'une ou l'autre. Mais il m'est arrivé souvent de choquer toutes les écoutes d'un seul coup. »

Record amélioré de 38 milles
Rappelons que – tout comme le tour du monde – ce record donne lieu lui aussi à un duel extraordinaire entre Francis Joyon et Thomas Coville. En 2004, Francis était déjà détenteur de ce record, amélioré ensuite par Thomas. Joyon l'avait repris (613,5 milles) lors de son tour du monde victorieux en 2007. L'année suivante, Coville l'améliorait à nouveau à 619, puis 628,5 milles. Cet été, IDEC a donc pulvérisé ce chrono dans une proportion improbable : près de 40 milles de mieux (37,7 milles exactement) ! Un exploit de plus pour le marin de Locmariaquer, qui a tenu à profiter de l'occasion pour rendre hommage à ses partenaires fidèles.


Francis Joyon : "Le record des 24 heures semble un petit challenge en comparaison du Tour du Monde, mais la confiançe dans le trimaran doit être encore plus totale pour un record où la vitesse moyenne dépassait 32 noeuds par moments, avec des pointes à 35 noeuds. Cette confiançe a été possible grâce au Groupe IDEC qui reste fidèle aussi bien lorsque les vents sont contraires que lorsqu'ils sont portants. Egalement possible grâce aux fournisseurs qui ont contribué à la performance du trimaran IDEC et à sa remise en état : Profurl, qui a révisé tous les emmagasineurs de voiles d'avant ; Navtec qui a changé les cables ; Uship, qui a fourni l'éolienne et l'accastillage ; Nautix qui a fourni les peintures ;  Incidences qui a révisé les voiles. A tous, je voulais exprimer ma gratitude, mes plus sincères remerciements.