Yann Guichard

Spindrift vainqueur à Dublin

Le MOD70 Spindrift s'est adjugé au lever du soleil la 2eme étape de la Route des Princes entre Lisbonne et Dublin-Dun Laoghaire! Il a passé la ligne à 06 heures 37 mn, 48 sec heure française, au terme de  2 jours, 15 heures, 37 minutes et 48 secondes d'une course haletante, éprouvante, mouvementée à souhait, et constamment au contact de ses adversaires. Yann Guichard et ses équipiers Erwan Tabarly, Pascal Bidégorry, Jacques Guichard, Christophe Espagnon et Xavier Revil pouvaient, malgré la fatigue, arborer un large sourire dans la fraîcheur matinale Irlandaise. Ils ont en tous points remplis leurs objectifs puisque cette belle victoire les propulse en tête du classement général provisoire avant les "Inshore" programmées samedi et dimanche prochain en baie de Dublin.

 

"Une étape très éprouvante!"

Derrière l'évidente satisfaction d'avoir d'une certaine manière brisé le signe indien et effacé la déception ressentie ici même à Dun Laoghaire l'an passé, lorsque pour 31 petites secondes, Guichard et ses hommes avaient dû laisser la victoire à Foncia. C'est avec une marge légèrement plus conséquente, 7 minutes, que Spindrift s'est imposé ce matin avec les premières lueurs de l'aube devant Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) et Oman sail Musandam (Sidney Gavignet). « Toute la course depuis Lisbonne a été très serrée" renchérit Guichard, "C'est l'apanage de cette Classe des MOD70 ; cela se joue à très peu de choses…" Spindrift n'a en effet pris le commandement qu'au niveau de Cork, à la pointe sud de l'Irlande, lorsque le vent de secteur nord s'est fait un peu plus insistant. Suite à un bref épisode d'allures portantes après le passage au Fastnet qui avait vu les 4 grands MOD 70 régater dans un mouchoir de poche, c'est un peu le hasard des virements de bords qui a replacé les voiliers sur l'échiquier de la Mer d'Irlande. Spindrift se sera montré le plus pertinent dans l'exercice ; "Nous nous sommes retrouvés à quelques milles de l'arrivée avec Groupe Edmond de Rotschild à quelques encablures sous notre vent, et Oman sail à équidistance à notre vent. Une situation très tendue après deux jours et demi de régate intense!" La concentration de l'équipage et un voilier rapide à toutes les allures auront fait le reste. « Il est vrai que Spindrift n'a pas de "trous" en performance » explique Yann. « Certains MOD sont plus performants à certaines allures, à l'instar de Groupe Edmond de Rotschild qui va vraiment vite au portant, mais nous sommes rapide quel que soit l'angle au vent…"

 

Une étape aux multiples visages

Cette deuxième étape de la route des Princes aura comblé les compétiteurs de Spindrift. Les grands MOD ont en effet régaté à vue dans toutes les conditions imaginables ; "Du près, du portant dans une mer "dégueulasse" avec plus de 25 noeuds de vent, du près mou puis du près plus soutenu" décrit Yann Guichard, "Il y en a eu pour tous les goûts". Avec une bonne dose de prise de risque aussi, lorsque les grandes libellules se son envolées travers au Golfe de Gascogne en flirtant avec les 30 noeuds de vitesse… "mais aussi en jouant très près du centre de la dépression pour trouver le meilleur angle au vent pour rejoindre le Fastnet… " Une prise de risque partagée par toutes les unités en lice. L'émulation sur l'eau s'est payée au prix fort en fatigue. "Nous terminons très éprouvés car les conditions de navigation ont été très dures " avoue Yann. "Le bateau tapait très fort, et nous avons été depuis le départ complètement trempés. On ne se plaint pas. C'est le prix à payer pour le bonheur de naviguer sur ces machines…"

 

L'heure est à présent au repos. Toute la journée y sera consacrée, avant de remettre le bateau "au propre", et de se concentrer sur la suite du programme, avec des régates inshore qui avaient l'an passé fait le bonheur de très nombreux "Dubliners".

Spindrift racing vainqueur du Multi One Championship 2012

Second de l’European Tour, pour deux malheureux petits points (282 points contre 284 à Foncia), vainqueur en juin dernier de la Krys Ocean race, Spindrift racing remporte de belle manière le tout premier championnat de la classe MOD70. Une performance d’autant plus appréciée par Yann Guichard et Léo Lucet, chevilles ouvrières du Spindrift racing Team, que le projet sportif, technique et logistique est né d’une page blanche voici seulement une année et demie. Solidité et fiabilité du bateau, compétence et expertise de l’entourage technique, et talent pur d’un équipage de « costauds » sont les ingrédients d’un succès indiscutable, tant le grand trimaran noir et blanc a su briller tout au long des différents exercices proposés, de la transat au long parcours côtiers, en passant par les « runs » de vitesse et les parcours « inshore ». Léo Lucet, directeur exécutif de Spindrift racing et Yann Guichard se félicitent légitimement au lendemain d’un formidable sacre de cette fracassante entrée en matière dans une classe qu’ils appellent de leurs vœux et de leur énergie à se développer, notamment à l’international.

« C’est une satisfaction et une fierté » ; Léo Lucet pèse ses mots au lendemain de la remise des prix de l’European Tour et du Multi One Championship remporté de si brillante et indiscutable manière. « Le projet a débuté voici un an et demi. Nous nous sommes appliqués à faire les choses sérieusement et professionnellement. Nous pouvons être fiers de notre bilan. » Deux victoires d’étape sur 5, deux victoires en City Races, des victoires en speed run et les bonus des départs à Cascaïs et Marseille, en plus d’une transat entre New-York et Brest maîtrisée de bout en bout avec un temps record à la clé… toute l’équipe d’une dizaine de personnes organisée à terre comme sur mer autour de Yann et Léo peut légitimement se réjouir d’un travail remarquablement effectué. « Je retiens surtout l’aspect humain de notre projet » avoue Lucet. « Ce fut une aventure collective, un rassemblement de compétences sur l’eau comme pour la logistique terrestre qui a fonctionné au-delà de nos espérances. » « Pas d’individualité dans ce groupe ni « guest stars » surrenchérit Guichard. « Nous avons construit une histoire avec des gens impliqués, engagés, qui partageaient notre envie et notre motivation. » Une aventure que le duo Guichard-Lucet a volontairement partagé de large manière, n’hésitant pas à intégrer ici et là de nouveaux éléments pour qu’ils se fondent dans le collectif. « Je n’oublie pas tout le travail logistique effectué autour du projet, et sans lequel rien n’aurait été possible.

Krys Ocean race, European Tour, le programme pour cette première saison des MOD 70 était ambitieux, à la taille du potentiel international envisagé pour cette nouvelle classe. « Ce format est formidable » souligne Léo Lucet : « C’est une plateforme de communication internationale exceptionnelle, et qui a remarquablement fonctionné à Kiel, Dublin ou Cascaïs. VIP et journalistes ont pu naviguer en course avec nous, et le public, à un jet de pierre des bateaux, s’est régalé. » « Sportivement, ce fut un bonheur» poursuit Yann Guichard. « Epuisant, exigeant..mais c’est ce que nous navigants, demandons. On espère plus de courses à l’avenir, et avec un potentiel de 7 bateaux dans la Classe, au regard de ce que nous venons de vivre, il y a fort à parier que les compétitions seront encore plus acharnées, encore plus serrées. »

Une équipe solide, un savoir faire éprouvé, un talent indiscutable sur l’eau, Spindrift racing a brûlé les étapes en un temps record. Lucet, Guichard et toute l’équipe qui a animé le grand trimaran noir et blanc, Pascal Bidégorry, Yann Eliès, Erwan Tabarly, Jacques Guichard, Seb Marsset, Jean-Baptiste Levaillant, Devan Le Bihan, Thierry Douillard, Kévin Escoffier… tous sont prêts à relever le défi de la saison 2013, à bord d’un MOD 70 qui a fait ses preuves. Les 5 trimarans ont tous, avec brio, terminé les courses sans autres incidents que les inévitables collisions avec des OFNIs. On retiendra par exemple que Spindrift racing, en incluant les convoyages, aura cette année couvert la bagatelle de 15 000 milles. Une référence en terme de fiabilité. Pour les performances, les chiffres de l’année parlent d’eux-mêmes, avec cet époustouflant 28 nœuds de moyenne l’été dernier sur l’Atlantique.

« Nous devons et pouvons encore progresser » conclut Guichard, « dans tous les domaines, sportifs, techniques et humains. Nous regardons tous vers 2013 avec optimisme… et impatience…